28 juillet 2018 : feu d'artifice sur le barrage de Saint-Etienne-Cantalès

28 juillet 2018

Feu d'artifice sur le barrage de Saint-Etienne-Cantalès


Quelques vues du feu d'artifice.

 Les tirs partaient de trois barges flottant sur le lac 
de retenue, en amont du barrage. Les débris tombaient 
dans l'eau. A gauche, la lune tentait de rivaliser, 
mais avec moins de succès que la veille, 
avec son show éclipse.


Deux phases du bouquet final. 

A la demande des organisateurs, nous avons écrit le texte dont la majeure partie a été lu à la sono, avant le feu d'artifice, le 28 juillet 2018.

Le voici : 


Feu d’artifice sur le barrage de Saint-Etienne-Cantalès, le 28 juillet 2018


Bonsoir Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Vous êtes ici sur le barrage de Saint-Etienne-Cantalès ou autour de celui-ci, soit sur la commune de Saint-Etienne-Cantalès, soit sur celle de Saint-Gérons, à l’invitation de ces deux communes et d’EDF, qui assure l’exploitation de ce barrage, lequel produit de l’électricité pour toute l’Europe.
Ce barrage est construit durant la Seconde Guerre mondiale, entre 1939 et 1946. André Coyne [prononcer Coïne], son concepteur, opte pour une forme en voûte-poids, sur laquelle passe la route départementale n° 207. Au pied de la voûte, en aval, est construite une usine de production électrique. En complément, au dessus, à hauteur du bourg de Saint-Etienne-Cantalès, un poste de transformation électrique est érigé, d’où partent les lignes de transport reliées au réseau. Sur la gauche du barrage se trouvent les maisons de la cité EDF de Pradel, bâties en même temps.
Ce barrage mesure 69 mètres de hauteur. Quand elle est à son plus haut niveau, la retenue s’étend sur l’équivalent de 77.350 terrains de football et son volume permettrait de remplir 35.500 bassins olympiques de 50 mètres et profonds de trois mètres.
Avant les années 1930, la Cère coulait au fond de la vallée en empruntant cette gorge. Avec la fonte des neiges du bassin versant du massif cantalien, la Cère grondait, tandis qu’en période d’étiage, en été, les poissons manquaient d’espace. Cela posait des problèmes pour l’alimentation en eau des deux communes industrielles situées dans le Lot, à Lamativie et Laval-de-Cère. Une voûte de 18 mètres de haut est construite à quelques dizaines de mètres en amont, de 1930 à 1932, avec une galerie percée dans le granite et des vannes pour réguler le cours de la Cère. Ce petit barrage de Pradel génère alors un petit lac de retenue qui s’étalait le long du grand bras de l’actuel barrage, visible depuis le bourg et la piscine de Saint-Etienne-Cantalès, presque jusqu’au confluent entre les rivières de l’Authre et de la Cère.
Ce barrage de Pradel est visible lors de chaque vidange. La dernière a eu lieu durant l’été 1999. Cette voûte a servi de batardeau amont, protégeant les fouilles de fondation lors de la construction de l’actuel barrage, à partir de 1939.  
Le granite d’excellente qualité qui a servi à le construire a été extrait d’une carrière située à hauteur de la passerelle entre les presqu’îles de Rénac et d’Espinet, sur la commune de Saint-Gérons. Un petit train transportait les convois de granite jusqu’à la station de concassage, sur la rive Saint-Gérons, pour alimenter la centrale à béton, à flanc de coteau, en aval du barrage. Des blondins, gros appareils de levage, transportaient les bennes de béton jusqu’aux coffrages des plots. Chaque plot remplissait la fonction d’une pierre de voûte de maçonnerie traditionnelle. La base de chaque plot avait 35 mètres de large, pour culminer avec une largeur de cinq mètres, qui forme cette route en quart de cercle.
En cas de crue de la Cère, alimentée par ses principaux affluents, la Jordanne, qui passe à Aurillac, et l’Authre, qui passe à Jussac, l’eau peut être déversée en ouvrant les vannes située sur l’avant-bec, au centre du barrage, et s’écoule sur le tremplin en forme de saut de ski, lequel s’appuie sur le toit de l’usine.
Ce barrage a été une grande base d’appui de la Résistance, durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été inauguré, le 1er juillet 1945, par le général de Gaulle et le sultan du Maroc.
L’utilisation de ce barrage dans le système d’électrification a changé depuis la construction. A présent, l’énergie produite par les trois turbines sert principalement de complément lors des pointes de demande d’électricité. Ainsi, le lundi matin, lorsque les entreprises redémarrent, que les écrans d’ordinateur s’allument, la production d’électricité d’origine nucléaire doit être aidée par la production des barrages et, ici, on peut entendre les tourbillons de l’évacuation de l’eau des turbines.
Le groupement EDF dépendant de Saint-Etienne-Cantalès compte 25 agents.
Les municipalités de Saint-Etienne-Cantalès et de Saint-Gérons, ainsi que le groupement hydroélectrique d’EDF ont le plaisir de vous offrir ce feu d’artifice, en vous souhaitant une excellente soirée.
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L'histoire de la construction du barrage de Saint-Etienne-Cantalès - Saint-Gérons est racontée dans

Le Barrage SEC Saint-Étienne-Cantalès – Saint-Gérons sur la Cère (Cantal) 

1930-1946

Saint-Étienne-Cantalès

Tome 1.  De la construction à l’inauguration par le général de Gaulle et le sultan du Maroc

par Manuel Rispal, historien de terrain


Editions Authrefois - collection Auvergne résistante

ISBN 978-2-9547205-6-2
EAN 9782954720562
Prix de vente public : 16 € TTC



© Textes et photos Manuel Rispal. Mis en ligne le 30 juillet 2018.