Lundi 27 mai 2019. – Inauguration du square des Justes (parmi les Nations) à Aurillac

Lundi 27 mai 2019
Inauguration du square des Justes (parmi les Nations) 
à Aurillac (Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre)


15 septembre 2008. – Dans les allées du mémorial Yad Vashem de Jérusalem (Israël, planète Terre), nous avons photographié le caroubier planté par Alice Ferrières, première femme Juste parmi les Nations. Au pied de cet arbre, nous avons téléphoné par portable à Marthe Cambou-Barnet, alors la seule survivante du groupe des trois femmes Justes parmi les Nations issues de Murat (Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre). 
© Photomontage Manuel Rispal.


Isabelle Sima, préfète du Cantal, Pierre Mathonier, maire d’Aurillac (Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe, planète Terre), et Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem, ont inauguré, lundi 27 mai 2019, à 9 heures, le square des Justes, à côté de l’église Saint-Géraud, à Aurillac. Ce square s’appelait auparavant square de Vic.
Voir le reportage photographique de la cérémonie sur notre site plusieurs photos et textes) : 

https://www.livres-resistance.fr/article_27_1_27-mai-2019------le-square-des-justes-parmi-les-nations-est-inaugure-a-aurillac-suite-4-_fr.html

https://www.livres-resistance.fr/article_28_1_27-mai-2019------le-square-des-justes-parmi-les-nations-est-inaugure-a-aurillac-suite-3-_fr.html

https://www.livres-resistance.fr/article_29_1_27-mai-2019------le-square-des-justes-parmi-les-nations-est-inaugure-a-aurillac-suite-2-_fr.html

https://www.livres-resistance.fr/article_26_1_27-mai-2019------le-square-des-justes-parmi-les-nations-est-inaugure-a-aurillac-suite-1-_fr.html

https://www.livres-resistance.fr/article_25_1_27-mai-2019------le-square-des-justes-parmi-les-nations-est-inaugure-a-aurillac-_fr.html

Par cette initiative, la municipalité d’Aurillac et le Comité français pour Yad Vashem ont mis en lumière l’action de tous les Justes parmi les Nations, qui ont sauvé des Juifs par milliers, dans le monde entier, en tout désintéressement et le plus souvent au péril de leur vie. C’est aussi l’occasion de faire connaître aux Auvergnats et aux Cantaliens, jeunes qui n’ont pas connu cette époque, et plus anciens qui ont encore les frissons dus à la barbarie nazie, que des femmes et des hommes, originaires du Cantal ou d’autres terres, guidés par leur respect de l’être humain, ont porté secours à des personnes qui avaient été chassées de leur région (Alsace, Lorraine, Provence, etc.) ou de leur pays (Belgique, Allemagne, Autriche, ancien Empire austro-hongrois, Salonique, etc.), qui étaient persécutées, et/ou qui étaient précédemment maintenues en détention dans les camps d’internement du Sud de la France (antichambres de Drancy et des camps d’extermination).
Il faut rappeler que la médaille de Juste parmi les Nations, la plus haute distinction civile décernée par l’État d’Israël, a été créée en 1963. Cela veut dire que ceux qui œuvraient, durant la Seconde Guerre mondiale, pour sauver des Juifs, ne savaient qu’ils auraient éventuellement, un jour, une médaille ou une reconnaissance. Cela entraîne un certain profil commun à la plupart des Justes : la modestie de leur geste, normal pour eux.
La première femme déclarée Juste parmi les Nations en France a été, en 1964, Alice Ferrières (1909-1988). Son action s’est exercée à Murat (Cantal). Elle a été exceptionnelle, par l’ampleur du nombre de Juifs qu’elle a sauvés et de son organisation de placement des enfants juifs dans les familles. Voir sa biographie sur le site du Comité français pour Yad Vashem : https://yadvashem-france.org/les-justes-parmi-les-nations/les-justes-de-france/
A Murat, elle a été aidée par Marie Sagnier (1898-1996) et par Marthe Cambou (1919-2018), devenue Barnet après la guerre, par son mariage. Voir https://www.livres-resistance.fr/article_8_1_ces-justes-nous-ont-quittes--nous-ne-les-oublions-pas-_fr.html .
Avec Marthe Cambou-Barnet, nous avons enquêté à Murat et aux alentours sur les traces de son passé. Elle nous a invité à la remise de « sa » médaille de Juste parmi les Nations, à Paris, où elle était entourée de sa famille et d’une partie des Juifs qui avaient témoigné en sa faveur. Son père, Joseph Cambou, était directeur de l’école élémentaire d’application d’Aurillac, situé non loin du square des Justes parmi les Nations qui va être inauguré ce lundi.
Le sauvetage en masse d’enfants juifs a pu être réalisé grâce, d’abord, à des organisations juives ou à des médecins, infirmières, assistantes sociales, juifs ou non juifs, qui ont pu pénétrer dans les camps d’internement du Sud de la France, comme Gurs (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle Aquitaine), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales, Occitanie) ou Agde (Hérault, Occitanie). Le docteur Issac Malkin a œuvré au camp juif de Rivesaltes, permettant ensuite à sa femme, Henriette, d’accueillir des enfants et adolescents juifs au Touring Hôtel à Vic-sur-Cère (Cantal), grâce à une structure œcuménique, l’Amitié chrétienne, et par une structure humanitaire juive, l’Œuvre de secours aux enfants (OSE). À un moment de son histoire, l’OSE a eu son siège national à Vic-sur-Cère, mais cela n’a pas duré.
Protestante comme Alice Ferrières, Suzanne Jacquet, épouse de Michel Vincent après la guerre, a pris la suite d’Henriette Malkin à Vic-sur-Cère. Les deux directrices ont pu compter sur l’efficacité de Roger Bonhoure qui a été reconnu Juste parmi les Nations pour avoir fabriqué, comme employé à la mairie de Vic-sur-Cère, une profusion de vraies-fausses cartes d’identité, avant de poursuivre une carrière professionnelle de secrétaire de mairie réalisant de vrais papiers. Hélène Turner, plus tard Lentschener, a bénéficié d’une vraie-fausse carte d’identité. Nous avons même retrouvé une femme dont le mari l’appelait, dans l’intimité, du prénom que lui avait donné, en vraie-fausse carte, Roger Bonhoure. Ce dernier nous a invité à « sa » cérémonie de remise de médaille de Justes parmi les Nations, à Vic-sur-Cère, le 18 juillet 2004.
Nous n’oublions pas les cadres des Éclaireurs israélites de France (appellation de l’époque), ceux de la Sixième, qui sillonnaient la France en culottes courtes, de Moissac (Tarn-et-Garonne, Occitanie) à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes), pour passer les contrôles routiers en se faisant passer pour plus jeunes qu’ils n’étaient, et pour veiller aux conditions d’hébergement des enfants placés. Raymond Winter et Marcel Gradwohl en faisaient partie. Avec Roger Gradwohl et Edgar Lévy, ils ont été fusillés par les nazis, le 14 juin 1944, au pont de Soubizergues, commune de Saint-Georges (Cantal), près de Saint-Flour.
Marie-Antoinette Liechty, que nous avons connue et qui a reçu, de son vivant, le titre de « Gardienne de la vie », était assistante sociale, en lien avec Mgr Gabriel Piguet, évêque de Clermont, le seul évêque français déporté (à Dachau, Allemagne), Juste parmi les Nations. Elle aussi devait veiller aux conditions d’hébergement des enfants placés, dans toute l’Auvergne, et notamment à Murat et dans les environs. Elle prenait le train pour se rapprocher des centres de protection des enfants, et emmenait son vélo pour circuler alentour.
Un autre prélat a eu un rôle important dans le sauvetage des Juifs : Mgr Jules Géraud Saliège, né à Mauriac (Cantal), archevêque de Toulouse. Par son homélie ripostant à la persécution des Juifs par l’Etat français (« Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n'est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain »), il a mobilisé les bonnes volontés de la communauté catholique dans le sens humanitaire, alors que la propagande de l’État français et des nazis visait à isoler du reste de la population les Juifs, les Tziganes, les francs-maçons, les Témoins de Jéhovah, les étrangers et les patriotes.
Dans la liste des Justes parmi les Nations identifiés pour le Cantal, on retrouve ainsi des religieuses : Jeanne Dessaigne, Philomène Rolland, pour leurs actions à Allanche, Marie-Alice Vidal, pour son action à Pierrefort.
Non loin du Cantal, à Notre-Dame de Massip (Capdenac-Gare, Aveyron, Occitanie), la religieuse Denise Bergon a secouru de très nombreux enfants, en lien avec Mgr Saliège. Parmi ceux-ci notre ami Albert Seifer, ancien délégué régional Midi-Pyrénées du Comité français pour Yad Vashem.
Au sein de l’administration de l’État français, il n’était pas facile d’obéir aux ordres et à l’observation des lois scélérates (notamment les lois antijuives ou antimaçonniques) et d’agir dans un but humanitaire, digne et humain, sans se démasquer ni se faire dénoncer.
D’où le mérite d’Henri Weisbecker, commissaire de police d’Aurillac-Arpajon-sur-Cère, Juste parmi les Nations. Nous lui avons consacré une page, le 25 mars 2012, dans La Montagne, édition Cantal (https://yadvashem-france.org/medias/documents/Article de presse 1-Weisbecker.pdf), et deux pages dans La Libération désirée tome 2 Massif central (Éditions Authrefois, ( https://www.livres-resistance.fr/article_2_1_la-liberation-desiree_fr.html ). Il a confectionné des vraies-fausses cartes d'identité pour des Juifs, des résistants, des réfugiés, avec un tampon du commissariat dont il avait déclaré la perte. Il tenait secrètement un carnet où il notait les noms réels des personnes auxquelles il avait délivré ces vraies-fausses cartes, avec les noms de fausse identité, afin de leur réclamer la restitution après la Libération. Il a organisé, au sein du commissariat, un groupe de policiers résistants qui, en cas de rafles dont ils avaient connaissance des préparatifs ou des signes avant-coureurs, frappaient aux portes des Juifs qui risquaient une arrestation lourde de conséquences, pour leur dire de partir se cacher. Mais ces policiers (aidés aussi de résistants non policiers) ne laissaient pas leur carte de visite. D’où un vivier de Justes parmi les Nations potentiels. Nous avons eu le plaisir d’assister, à Nancy (Meurthe-et-Moselle, Grand Est), à la cérémonie de remise de la médaille des Justes parmi les Nations, à titre posthume, à Henri Weisbecker, invité par une de ses belles-filles, Yvette Weisbecker, qui a été elle-même sauvée par des Justes parmi les Nations..
Abel Enjalbert, secrétaire du commissaire Weisbecker, a lui aussi été reconnu Juste parmi les Nations, de même que Jeanne Lavialle, chef du « bureau des étrangers et des israélites » à la préfecture du Cantal. Nous avons assisté à la cérémonie au cours de laquelle Abel Enjalbert a été fait chevalier dans l’ordre national du Mérite, le 2 septembre 2006, aux Bacs de Montmeyre, commune de Ceyssat (Puy-de-Dôme), au pied du puy de Dôme, en présence de Laurent Rauzier, responsable du mouvement national de Résistance «  Les Ardents », auquel avait appartenu Abel Enjalbert. Avec Laurent Rauzier, nous avons assisté à ses obsèques en Dordogne, le 30 novembre 2006.
Révoqué par l’État français, le juge Alfred Chardon a, à Molompize et Vézac (Cantal), secouru Françoise Cahen et sa mère, qui ont été d’abord aidées par le couple Eugène et Florine Canal, et leur fille Denise, devenue plus tard épouse Varennes. Nous étions présent à la cérémonie dédiée, en mairie d’Aurillac, le 20 juin 2007.
Dans le cadre d’une opération humanitaire destinée à venir en aide aux petits réfugiés de Marseille (Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte-d’Azur), après la destruction des vieux quartiers du vieux port de Marseille, en janvier 1943, et en raison de la famine qui y sévissait, les jeunes Edmond et Robert Mizrahi ont été accueillis à Aurillac, Edmond chez Henriette et Antoine Laybros, Robert chez Yvonne et Philippe Tête. Chacun a témoigné pour que ces deux couples soient reconnus Justes parmi les Nations. Robert Mizrahi, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem, a longtemps mis un point d’honneur à couvrir le Cantal en plus de sa vaste zone d’attribution, par reconnaissance éternelle pour son sauvetage et celui de son frère dans ce département.
Dans un article publié dans La Montagne, édition Cantal, le 11 octobre 2012 (https://www.lamontagne.fr/siran-15150/actualites/nee-a-la-havane-cette-femme-a-protege-des-juifs-a-siran-et-a-ete-honoree-a-malakoff_1292158/ ), nous avons rendu hommage à Amparo Pappo, qui a œuvré à Siran (Cantal).
D’autres Justes parmi les Nations ont été reconnus pour le Cantal. N’ayant pas enquêté sur leurs actions ni eu d’éléments nouveaux par nos recherches, nous nous contentons de les citer : Andrée et Jean-Louis Boissières, ainsi que Blanche et Laurent Danguiral, pour Boisset (Cantal). Le romancier Michel Danguiral leur a rendu hommage dans son livre « Rescapé », édition Scribe d’Opale, 2018.
Pierre Delbos, à Ayrens, a conjugué le bon sens et la fraternité paysans pour sauver quatre personnes.
À Massiac, trois personnes (Paul et Jean-Michel Dousselin, ainsi qu’Antoinette Nicolas) ont aidé des Juifs, avec l’appui de gendarmes et de secrétaires de mairie.

Après avoir enquêté sur ces actions de sauvetage, dialogué avec ces Justes, leurs familles, et les personnes sauvées, nous retenons quelques leçons de vie.
Certains étaient résistants, mais la force de la résistance civile qu’ont manifestée ces Justes parmi les Nations est loin d’être négligeable. Elle permet, aujourd’hui, aux jeunes générations, de croire en un avenir meilleur et de montrer que le respect de l’autre, de l’être humain, différent, étranger, ne parlant pas leur langue, est impératif dans la douceur, le courage et la fermeté. Et sans se faire bercer par les sirènes de l’exclusion.
Les Justes parmi les Nations n’ont pas créé les mouvements humanitaires, mais même individuellement, sans forcément de lien les uns avec les autres, ils ont illustré que l’on pouvait venir en aide, même en prenant des risques, risques d’être emprisonné, déporté ou fusillé. Mais lorsque ces acteurs coordonnaient leurs actions – alors que le titre de Juste parmi les Nations n’existait pas, rappelons-le –, ils étaient plus efficaces. L’action des Justes parmi les Nations s’inscrit dans la logique de la création des ONG, qui apparaissent dans la charte des Nations Unies en 1945.
Dans le cas du sauvetage des enfants juifs du Touring Hôtel, le rôle de la Résistance aurillacoise, et notamment du service de renseignement des Mouvements unis de la Résistance (SR-MUR, dont le noyau était à la préfecture d’Aurillac) a été essentiel pour alerter la directrice, Suzanne Jacquet, des risques de rafles.
 Manuel Rispal.
© Manuel Rispal. Mis en ligne le 25 mai 2019, modifié le 27 mai 2019.

Création du nouveau site des Editions Authrefois

Retrouvez le nouveau site des Editions Authrefois



www.livres-resistance.fr

Afin d'améliorer la qualité des informations et la sécurisation des données, les Editions Authrefois ont créé un nouveau site, qui répond au protocole https, hébergé par la société Net15. Nous vous prions de consulter maintenant ce nouveau site, www.livres-resistance.fr.

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les titres édités par les Editions Authrefois :


Le Barrage SEC Saint-Étienne-Cantalès – Saint-Gérons sur la Cère (Cantal) 1930-1946

Tome 1.  De la construction à l’inauguration par le général de Gaulle et le sultan du Maroc
par Manuel Rispal, historien de terrain


https://www.livres-resistance.fr/le-barrage-sec-saint-etienne-cantales-saint-gerons-sur-la-cere-cantal-livres-resistance-auvergne-massif-central_fr.html

La Libération désirée tome 2 Massif central 1940 - printemps 1945

 Tome 2 Massif central   1940 - printemps 1945par Manuel Rispal, historien de terrain

https://www.livres-resistance.fr/la-liberation-desiree-tome-2-massif-central-1940-printemps-1945-livres-resistance-auvergne-massif-central_fr.html

Chouette, Noisette et LuzettesScènes de Résistance en Châtaigneraie cantalienne, en Ségala lotois et dans le bassin d'Aurillac

Tome 1 - 1940-juin 1944



Tout un Monde au Mont-Mouchet 1940-1945

par Manuel Rispal, historien de terrain

  Ce livre est épuisé. Une nouvelle édition, revue et augmentée, doit paraître prochainement, avec un nouvel ISBN.  

Billom 1941-1943

par Manuel Rispal, historien de terrain


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la bibliographie de Manuel Rispal (livres et articles) , ancien journaliste, historien de terrain : 

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© Manuel Rispal. Mis en ligne le 26 février 2019. Modifié le 17 avril 2019.

Notre-Dame de Paris, dont l'abside est face au Mémorial de la Déportation

Sur l'île de la Cité




Au-delà des croyances, Notre-Dame de Paris représente plusieurs symboles. Son gros bourdon a sonné, le 24 août 1944, pour célébrer la Libération de la capitale. Il faut rappeler que, au bout de l'île de la Cité, face à l'abside de la cathédrale, se trouve le mémorial des Martyrs de la Déportation. Des centaines de milliers de déportés sont partis vers le ciel par des cendres. Ce 15 avril 2019 tristement et historiquement célèbre, des pluies de cendres de la charpente de Notre-Dame sont retombées sur la pelouse du promontoire des Martyrs de la Déportation.
 © Texte et photos de Manuel Rispal. Les photos ont été prises le 18 janvier 2007. Mis en ligne le 16 avril 2019.

Quatre compagnons de la Libération encore vivants

Trois sont nés en 1920, un en 1921


Il reste quatre Compagnons de la Libération vivants, sur les 1038 nommés par décret par le général de Gaulle, depuis début janvier 1941 jusqu’au 23 janvier 1946.
Ces quatre compagnons vivants sont, par ordre de nomination :
Daniel Cordier (décret du 20 novembre 1944),
Hubert Germain (décret du 20 novembre 1944),
Edgard Tupët-Thomé (décret du 17 novembre 1945).
Pierre Simonet (décret du 27 décembre 1945).
Daniel Cordier, né le 10 août 1920 à Bordeaux, s’est engagé, le 28 juin 1940, dans la « légion de Gaulle », en Angleterre. Après avoir été formé au BCRA (Bureau central de renseignement et d’action), il organise le secrétariat de Jean Moulin à Lyon, à partir de l’été 1942.
Il a notamment écrit Alias Caracalla (Gallimard, 2009).
Hubert Germain est né le 6 août 1920 à Paris. Il a combattu pour la France libre au sein de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, puis de la 1re division française libre, à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Lyon, Vosges, Alsace). Il a été ministre des PTT et secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.
Né le 19 avril 1920 à Bourg-la-Reine (alors en Seine), Edgard Tupët-Thomé est un des quatre premiers engagés militaires secrets au sein des Forces françaises libres (avec Stanislas Mangin, Roger Warin-Wybot et Maurice Andlauer). Lors de son premier voyage en Angleterre, il est intégré au sein des services secrets du BCRA. Envoyé en mission en France, il revient en Angleterre, le 29 mai 1942, dans le même Lysander que Philippe Roques (Compagnon de la Libération, 1910-1943), frère de mon ami Marcel Roques (voir Chouette, Noisette et Luzettes, page 28).
Né le 27 octobre 1921 à Hanoi (alors capitale de l’Indochine française), Pierre Simonet s’engage dans la France libre, en Angleterre, le 1er juillet 1940. Comme Hubert Germain, il a combattu à Bir-Hakeim (alors en Libye italienne), à El-Alamein (Egypte), en Tunisie, en Italie. Il a participé au débarquement de Provence et à la libération de la France (Belfort, Alsace).
148 Compagnons de la Libération ont été nommés en 1941, 70 en 1942, 96 en 1943, 193 en 1944, 460 en 1945 et 69 en 1946.
Ainsi, 314 sur 1036 avaient nommés au total à la date du 31 décembre 1943, soit 30,3 % du nombre final, et 507 fin 1944 (48,9 %).
Lorsque Daniel Cordier et Hubert Germain sont nommés, le 20 novembre 1944, 393 Compagnons l’avaient été avant eux (37,9 %). Dans cette promotion de 80 compagnons du 20 novembre 1944 se trouvent :
Laure Diebold (1915-1965), secrétaire de Jean Moulin auprès de Jean Moulin, avec Daniel Cordier.
Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), général, élevé à la dignité de maréchal à titre posthume. Au moment de sa nomination, il dirige la 1re Armée française depuis septembre 1944.
Jean Cavaillès (1903-1944), philosophe, co-fondateur de Libération-Sud à Clermont-Ferrand, beau-frère d’Alice Ferrières, première femme déclarée Juste parmi les Nations pour son action en France, à Murat (Cantal).
Romain Gary (1914-1980), aviateur et écrivain.
André Jamme (1917-1983), instructeur saboteur, agent du BCRA, parachuté aux Luzettes (terrain Chénier, limite Cantal-Lot), dans la nuit du 27 au 28 janvier 1944. Voir La Libération désirée tome 2 Massif central. Nous allons publier ses mémoires et l’enquête réalisée par son fils, Paul Jamme, dans les prochains mois.
Enfin, Louis Pélissier (1901-1944), chef du groupe franc du réseau Morhange – dirigé par le Puydômois Marcel Taillandier (1911-1944)–, arrêté avec deux compagnons par la police allemande alors qu’il venait du terrain des Luzettes (limite Cantal-Lot), fusillé à Saint-Céré (Lot), le 8 juin 1944.
© Manuel Rispal. Mis en ligne le 12 avril 2019.

Agnès Varda et les Justes parmi les Nations

Agnès Varda et les Justes parmi les Nations au Panthéon



Au début de l’année 2006, Agnès Varda nous appelle pour évoquer un ami commun, Ernest Nives, raflé fin août 1942 à Lespardellière de Saint-Etienne-des-Champs (Puy-de-Dôme, Auvergne-Rhône-Alpes, France, Europe), et rescapé du camp de concentration de Blechhammer (alors en Allemagne, maintenant en Pologne), dont la mère, raflée avec lui, n’est pas revenue d’Auschwitz (Pologne). Ernest Nives avait créé et financé, en France, une exposition sur l’antisémitisme du Moyen Âge à nos jours. Agnès Varda faisait partie du comité d’honneur qui soutenait cette initiative, tout comme Peter Brook et Anne Sinclair. Aux Etats-Unis, Ernest Nives était expert-comptable spécialisé dans la production cinématographique.
Avec Anne-Marie Coffi, alors assistante mémoire de l’Office national des Anciens combattants du Puy-de-Dôme, nous avions retrouvé, en 2002, la ferme où Ernest Nives travaillait avant d’être arrêté, avec sa mère, à Lespardellière de Saint-Etienne-des-Champs, le même jour que d’autres Juifs autrichiens réfugiés à Herment (Puy-de-Dôme).
Nous avions retrouvé la trace d’Ernest Nives, à New York. Il a traversé l’Atlantique pour assister à la cérémonie inaugurale de la stèle à la mémoire des Juifs déportés à Herment et dans le secteur, début janvier 2003. Son exposition a été présentée au CRDP de Clermont-Ferrand et, assisté de Françoise Fernandez, historienne, Ernest Nives a donné une conférence particulièrement émouvante, au CRDP.
Alors qu’Agnès Varda préparait la scénographie et les courts métrages pour la cérémonie en l’honneur des Justes de France, au Panthéon, elle nous appelle pour nous demander la couleur des uniformes de la Milice française. Une fois la réponse obtenue, elle nous invite à passer à son cher Ciné-Tamaris-maison d’habitation-salle de montage.
Son dernier film sorti alors était Les Glaneurs et la Glaneuse (2000), suivi de Deux ans après (2002), où elle observait ces personnes « invisibles » qui survivent dans les villes et dans les champs. Avant que ce problème de société et de survie dans la difficulté ne claque au grand jour, elle a su en parler et témoigner concrètement, avec sensibilité et curiosité .
Invité par la présidence de la République et par le Comité français pour Yad Vashem à assister à la cérémonie pour les Justes de France, le 18 janvier 2007, au Panthéon, nous avons recroisé Agnès Varda. En dessous de la coupole, elle avait disposé une scène sphérique ornée de portraits de Justes parmi les Nations. Durant la cérémonie sont projetés deux films dont elle contera les enjeux lors d’une interview réalisée par Antoine de Baecque, en avril 2007 :
« Parvenir à faire ressentir l’histoire et la persécution des Juifs en dix minutes, synthèse nécessaire pour que les gens restent voir les films et soient touchés. Les gestes de l’ignominie: le tampon, l’étoile jaune, l’arrestation. Et puis la vie à la campagne, c’est le parti que j’avais choisi, le comportement des paysans, leur générosité quotidienne, les risques pris, tout cela pour des enfants qu’il fallait nourrir et cacher. Je voulais raconter cette histoire avec un certain naturel, en faisant sentir les enfances, leur solitude, la peur omniprésente, mais aussi la découverte de la campagne. »
Lorsque les Justes ont agi pour sauver des Juifs, parce que ce sont des enfants, des femmes et des hommes, pourchassés, persécutés, traqués, aucune médaille, aucune récompense ne leur était promise. On ne leur garantissait pas une gloire, même de Résistance civile. Ils ont agi en toute humanité, en quasi clandestinité, faisant honneur à l’humanité toute entière. Mais, ce jour-là, au Panthéon, Agnès Varda mettait en scène leur ensemble de sauvetage au niveau national, après les honneurs rendus par les cérémonies locales organisées par le Comité français pour Yad Vashem, par la remise de la médaille des Justes parmi les Nations, plus grande décoration décernée au nom de l’Etat d’Israël.
Manuel Rispal.
© Texte et photomontage Manuel Rispal, d'après ses photos du 18 janvier 2007. Mise en ligne le  2 avril 2019.

Hommage à Marie-Louise et Joseph Rovan

16 mars 2019

Les chaussettes bleues


Marie-Louise Rovan est décédée le 11 mars 2019 à Paris. Nous l’avons rencontrée fin juillet 2004, aux obsèques de son mari, Joseph Rovan, décédé le 27 juillet 2004, à Saint-Christophe-les-Gorges (Cantal, France).
Ayant évoqué brièvement la raison de notre présence aux obsèques de son mari, qui avait été déporté de Compiègne (Oise, France) à Dachau (Allemagne), du 2 au 5 juillet 1944, dans le même train que notre grand-oncle, Fric Armangué, Marie-Louise Rovan nous a raconté brièvement comment Joseph avait rencontré Edmond Michelet à Dachau.
Retour sur une histoire extraordinaire.

En fait, Joseph est né Rosenthal à Munich (Allemagne), le 25 juillet 1918, dans une famille d’origine juive mais convertie au protestantisme.
Mais, pour Hitler, il était juif. Ses parents émigrent en France, dès 1933, et Joseph les rejoint en région parisienne, en 1934. Il est scolarisé en seconde au lycée Carnot à Paris, où il a comme camarade Pierre Citron (1919-2010), fils d’un imprimeur en braille.
Après les combats du début de la Seconde Guerre mondiale, il rejoint ses parents au Cheylard (Ardèche, France), puis refuse de partir aux États-Unis. Il rencontre au Cheylard Jean-Marie Soutou (1914-2003), secrétaire de rédaction de la revue Esprit. Quand ce dernier va au siège de la revue, à Lyon (Rhône, France), il lui demande de le rejoindre.
Joseph lui sert d’agent de liaison, notamment avec l’équipe des Cahiers du Témoignage chrétien, dirigée par le RP Pierre Chaillet. Entrant en clandestinité en août 1942, Joseph s’occupe du service des faux papiers, essentiel pour le sauvetage de résistants, de réfractaires au STO (Service du travail obligatoire) et de réfugiés. Pour cette tâche, il compte sur l’aide d’Albert Sciaky, né à Lyon le 6 août 1918, dans une famille d’émigrés juifs italiens passés par Salonique, ville ottomane avant 1912 peuplée majoritairement par des Juifs espagnols chassés par un décret de l’Alhambra, en 1492, lors de l’Inquisition. Albert Sciaky était poète et écrivain sous le nom de François Vernet. Pour la Résistance, son pseudo est « le Zébu » mais il dispose d’une autre identité, Henri Bernard, sous laquelle il est arrêté à Paris par le SD allemand (Sicherheitsdienst, service de sécurité), le 10 février 1944, puis interné à la prison de Fresnes (alors en Seine, France).
L’écrivain Patrick Modiano a identifié à Fresnes l’inscription gravée sur le mur de sa cellule (cellule 218, deuxième division) à Fresnes :
Zébu arrêté le 10-2-44
Suis au régime de rigueur
Pendant 3 mois interrogé
Ai passé la visite le 8 juin
Le lendemain de l’arrestation d’Albert Sciaky, Joseph Rosenthal l’est à son tour, à Paris. Interné aussi à Fresnes, il s’y convertit au catholicisme. Il est inscrit sous l’identité de son camarade de classe du lycée Carnot, Pierre Citron, également lorsqu’il est interné au camp de transit de Compiègne, puis déporté à Dachau par le Train de la mort, du 2 au 5 juillet 1944.
Il faut rappeler que Joseph est né à Munich en 1918. Dachau, où il arrive alors qu’il a encore 25 ans, est à une vingtaine de kilomètres de sa ville de naissance.
Albert Sciaky est dans le même train, sous l’identité d’Henri Bernard. Durant le voyage, lors des stationnements sous les températures caniculaires des 2 et 3 juillet 1944, entre Compiègne et Bar-le-Duc (Meuse, France), 520 des 2152 déportés du convoi perdent la vie. Les survivants arrivent hagards à Dachau. Dans les bagages des déportés, exposés en vrac à l’arrivée, Albert Sciaky a la surprise de découvrir un exemplaire de son dernier roman, Vous ne mourrez nullement, de François Vernet.
En contact avec Jean Lassus, professeur de lettres de l’université de Strasbourg, repliée à Clermont-Ferrand, Albert Siacky et Joseph Rosenthal forment au sein du camp de Dachau un Club des intellectuels, moyen de résister aux entreprises destructrices de la culture par le nazisme. Les sept membres de ce club affichent leur admiration pour Jean-Paul Sartre et l’existentialisme.
Responsable du mouvement de Résistance Combat pour la région R5 (en gros, le Limousin), Edmond Michelet (1899-1970) est arrêté, le 25 février 1943, à Brive-la-Gaillarde (Corrèze, Limousin, France). Il est interné à Fresnes jusqu’au 30 août 1943, date à laquelle il est déporté en Allemagne, où il arrive le 1er septembre (Neue Bremm), par le même convoi que Jacques Renouvin (1905-1944), responsable national des corps francs de Combat, arrêté lui aussi à Brive. Après un internement dans plusieurs prisons allemandes, Edmond Michelet arrive au camp de concentration de Dachau où, par son charisme et son empathie, il fait montre d’une autorité naturelle et il est au centre d’un réseau d’informations et d’entraide. Edmond Michelet rajoute «  délirants » quand il cite le Club des intellectuels.
Alors qu’Albert Sciaky – que Michelet ne connaît que sous le nom d’Henri Bernard – est alité au Block 9 du Revier (l’infirmerie) de Dachau, atteint par le typhus, Edmond est gardien de nuit. Il est intrigué par un garde-malade qui veille au chevet d’Henri Bernard-Sciaky : il s’agit de Pierre Citron-Rosenthal.
Edmond Michelet écrit dans Rue de la Liberté :
« Je l’avais tout de suite repéré, à cause d’une somptueuse paire de bas de laine bleue dont il faisait étalage… J’appris que cet insigne lainage aurait été tricoté par une des chargées de mission de Témoignage chrétien, que j’avais reçue plusieurs fois [à Brive] avant mon arrestation, Germaine Ribière. Nous découvrions ainsi, Citron et moi, une première relation commune. Bien d’autres allaient suivre. »
Germaine Ribière est née le 13 avril 1917 à Limoges (Haute-Vienne, Limousin, France). Résistante dévouée au sauvetage des Juifs, elle rejoint le RP Chaillet à Lyon, qui dirige Les Cahiers de Témoignage chrétien. C’est elle qui crée la fausse carte d’identité de Jean-Marie Soutou, ce qui le sauve de la déportation. Elle contribue au sauvetage de Juifs en Haute-Vienne, en Creuse et dans l’Indre. Dans ce cadre, elle a pu rencontrer Edmond Michelet. De même, pour la fabrication des faux papiers en région lyonnaise, elle côtoyait Joseph Rosenthal. On ne sait quand elle trouvait le temps de tricoter des chaussettes. Peut-être lors des interminables trajets en chemin de fer à travers la zone sud.
Joseph raconte la scène des chaussettes ainsi, dans Contes de Dachau (pages 50-51) :
« Lors d'une des visites de Michelet, nous fîmes connaissance personnellement, grâce à la magnifique paire de chaussettes bleues que Germaine Ribière avait tricotées elle-même et qu'elle m'avait envoyées à Compiègne ; du fait de la pénurie qui régnait à la Kleiderkammer [au magasin d'habillement de Dachau], j'avais pu les conserver quand nous fûmes amenés à la douche. Michelet, avisant ces pièces d'habillement dont la couleur était aussi aveuglante que peu ordinaire, me demanda d'où je les tenais. Surpris et prudent, je répondis "d'une amie", sur quoi Michelet poursuivit son interrogatoire  en s'enquérant si cette amie n'était pas de Limoges. Ma réponse étant affirmative, il s'écria : "Alors elle s'appelle Germaine ; et j'ai les mêmes". Nous sûmes ainsi définitivement, et pour les vingt-six ans à venir, que nous étions du même bord. »
Joseph revient sur cet épisode, en 1999, dans sa conférence Vingt-trois guerres pour faire l’Europe.
« Michelet était un des rares politiques [à Dachau]. Alors il allait voir s'il y en avait d'autres. Il tomba sur moi et me dit : « Monsieur, vous avez de magnifiques chaussettes bleues. » On nous avait laissé nos chaussettes parce que les SS n'avaient pas assez de chaussettes pour les 4.000 Français qui étaient arrivés d'un seul coup. Et je lui dis : « Monsieur, pourquoi vous me dites cela ? » « Parce que j'ai les mêmes. » La même camarade de résistance avait tricoté les mêmes chaussettes pour ceux qui allaient partir en déportation. C'est la deuxième fois qu'un choix a décidé de ma vie. Je suis resté le second d'Edmond Michelet pendant vingt-cinq ans parce que nous avions les mêmes chaussettes dans un camp. »  
En fait, comme Edmond Michelet et Joseph Rosenthal sont passés par le camp de transit de Compiègne, ils ont tous deux reçu de Germaine Ribière un colis avec de belles chaussettes bleues. Germaine Ribière avait une bonne connaissance des itinéraires des personnes internées, avant leur déportation. Compiègne était le passage obligé des déportés non identifiés comme Juifs (lesquels transitaient par le camp de Drancy). Par des colis acheminés par la Croix-Rouge, il était possible pour la famille ou des amis de « ravitailler » des personnes internées. C'est ainsi que ces chaussettes bleues envoyées à Compiègne à deux périodes et deux personnes différentes ont permis de re-tricoter un réseau d’amitié à Dachau.
L’attachement de Joseph Rovan au Cantal venait de son mariage, en 1958, à la mairie du 7e arrondissement de Paris avec Marie-Louise Paule Palmyre Delrieu, née à Aurillac (Cantal, France), le 23 octobre 1924. Elle est la fille d’Amable Jules Delrieu, négociant, né à Labrousse (Cantal), le 13 janvier 1879, et de Marie Dorothée Elmire Marceline Griffol, sans profession, née à Saint-Christophe-les-Gorges, le 12 février 1892. La maison familiale des Griffol est devenu le havre de ressourcement de la famille Rovan, nom que Joseph a été autorisé à porter de manière officielle par un décret présidentiel de 1959.
Lors des obsèques de Joseph, en 2004, le RP Jacques Sommet (1912-2012), déporté à Dachau par le convoi du 19 juin 1944, avait tenu à témoigner, à 91 ans, et à officier auprès du père Jean-Claude Marcenac, secrétaire général de l'évêché de Saint-Flour, et de l'abbé Frédéric Delaval.
Nous avions appris le fin mot de l’histoire sur la fausse carte d’identité « Pierre Citron ». Joseph Rosenthal savait que son meilleur copain d’école s'était engagé au Maroc durant la guerre. Il prit son nom pour fabriquer une fausse identité et c'est ainsi qu'il fut inscrit sur les listes du camp de Dachau. Le vrai Pierre Citron, militaire libérateur des camps envoyé en Allemagne, se présenta dans le camp où Joseph était resté, après sa libération, vers mai 1945, pour secourir ceux qui en avaient besoin. Et, un court instant, on crut que le vrai Pierre Citron était un usurpateur, Joseph « Pierre Citron » étant très connu.
Albert Sciaky est mort à Dachau, le 27 mars 1945, un mois avant la libération du camp.
Germaine Ribière a été reconnue Juste parmi les Nations en 1987. Elle est décédée en 1999.
Manuel Rispal.
Bibliographie :
Rue de la Liberté, par Edmond Michelet, 1955, Editions du Seuil.
Contes de Dachau, par Joseph Rovan, 1987, Julliard ; 1993, Seuil.
Vingt-trois guerres pour faire l’Europe, conférence de Joseph Rovan, 1999. 
Dora Bruder, par Patrick Modiano, 1999, Folio.
Dans La Libération désirée tome 2 Massif central, par Manuel Rispal, 2016, Editions Authrefois, nous publions l’intégralité du carnet ramené de déportation par Patrice Berméjo, survivant du Train de la mort (2-5 juillet 1944), avec le mémorial des 153 morts dans ce train et issus du Massif central. Nous avons reconstitué le train, wagon par wagon, en positionnant 11 % des 2152 déportés. Nous donnons des indications précises pour que les familles des victimes de ce crime de guerre et celles des déportés de ce train puissent avoir le maximum d’éléments pour faire le deuil ou pour effectuer des pèlerinages correspondant à la réalité historique.
Recherches complémentaires : Fondation pour la mémoire de la Déportation, transport I.240 (2 au 5 juillet 1944 entre Compiègne et Dachau), Livre-mémorial des déportés de France..., tome 2, 2004, Editions Tirésias.
Archives départementales du Cantal, état civil commune d'Aurillac (naissances 1924).

© Manuel Rispal. Mis en ligne le 16 mars 2019. Modifié le 15 avril 2019.